17 Απρ 2013

republication

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Le globe terrestre est couvert de volcans qui lui servent d'anus.

Bien que ce globe ne mange rien, il rejette parfois au dehors le contenu de ses entrailles.

Ce contenu jaillit avec fracas et retombe en ruisselant sur les pentes du Jésuve, répandant partout la mort et la terreur.

En effet, les mouvements érotiques du sol ne sont pas féconds comme ceux des eaux mais beaucoup plus rapides.

La terre se branle parfois avec frénésie et tout s'écroule à sa surface.

Le Jésuve est ainsi l'image du mouvement érotique donnant par effraction aux idées contenues dans l'esprit la force d'une éruption scandaleuse.

Ceux en qui s'accumule la force d'éruption sont nécessairement situés en bas.

Les ouvriers communistes apparaissent aux bourgeois aussi laids et aussi sales que les parties sexuelles et velues ou parties basses : tôt ou tard il en résultera une éruption scandaleuse au cours de laquelle les têtes asexuées et nobles des bourgeois seront tranchées.

Désastres, les révolutions et les volcans ne font pas l'amour avec les astres.

Les déflagrations érotiques révolutionnaires et volcaniques sont en antagonisme avec 1e ciel.

De même que les amours violents, ils se produisent en rupture de ban avec la fécondité.

A la fécondité céleste s'opposent les désastres terrestres, image de l'amour terrestre sans condition, érection sans issue et sans règle, scandale et terreur.

C'est ainsi que l'amour s'écrie dans ma propre gorge : je suis le Jésuve, immonde parodie du soleil torride et aveuglant.

Je désire être égorgé en violant la fille à qui j'aurai pu dire : tu es la nuit.

Le Soleil aime exclusivement la Nuit et dirige vers la terre sa violence lumineuse, verge ignoble, mais il se trouve dans l'incapacité d'atteindre le regard ou la nuit bien que les étendues terrestres nocturnes se dirigent continuellement vers l'immondice du rayon solaire.

L'anneau solaire est l'anus intact de son corps à dix-huit ans auquel rien d'aussi aveuglant ne peut être comparé à l'exception du soleil, bien que l'anus soit la nuit.




Georges Bataille, L' Anus Solaire, 1927

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